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Le sang appelle le sang

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Magicien errant
Nathaniel Gleams
MessageSujet: Le sang appelle le sang Mer 1 Juil - 18:36


 Le sang appelle le sang


   Finalement, la guerre s’était déclarée entre les cinq Royaumes. Elle avait pris Nathaniel par surprise. Elle avait pris tout le monde par surprise. Nathaniel s’était tout d’abord sentit coupable, vis-à-vis de la Voix qui l’avait prévenu de l’imminence du désastre. Il aurait dû œuvrer avec plus d’énergie contre cette guerre. Puis il s’était persuadé que ce n’était pas de sa faute (ce qui était passablement vrai). La Voix l’avait choisi lui plutôt qu’un autre, cela il ne se l’expliquait pas. De toutes manières, avec les restrictions de la Pierre, il ne pouvait plus rien entreprendre de trop dangereux. Il s’était enfermé dans son bastion, dont les protections tenaient bon. Là, il avait ruminé longuement sur sa vie, sur ce qu’il était devenu, sur ses objectifs. Sur son passé. Voilà cinq ans qu’il se cachait de son père, depuis qu’il avait tué sa propre épouse. Nathaniel voulait depuis longtemps se venger. Aujourd’hui, il avait décidé de passer à l’action.

   Nathaniel se trouvait dans le quartier le plus chic d’Elivell. D’immenses maisons-arbres s’étendaient des deux côtés de la rue dans laquelle il marchait. Le château surplombait le quartier, et des mélodies sorties de ses fenêtres s’élançaient à l’assaut de la nuit qui tombait. Le ciel se teintait de rouge. Un signe, pensa Nathaniel. Le sans appelle le sang. Il s’avança discrètement vers la maison de son enfance, là où il avait grandi, là où sa mère s’était effondrée sous ses yeux dans une mare de sang. La maison était construite dans un chêne millénaire, comme toutes les autres du quartier. Il y avait de la lumière au deuxième étage. Des rires s’échappaient d’une fenêtre. Un rire d’homme, celui de son père, et celui d’une femme. Nathaniel frémit de rage. Il respira profondément l’air frais de la nuit et se calma. Le plus naturellement du monde, il poussa un petit portail de bois, traversa le jardin soigneusement entretenu, et toqua à la porte. A la fenêtre, les rires se turent. Il y eu des murmures paniqués, un froissement de draps et le bruit d’une course dans un escalier. Puis la porte s’ouvrit. Un quinquagénaire apparut. Il était décoiffé, essoufflé et torse-nu. Sa bedaine poilue surmontait un drap noué autour de sa taille à la va-vite. Il la maintenait en place d’une main, et avait une bougie dans l’autre.

   "Euh, bonsoir, que voulez-vous ? demanda-t-il d’un air ahuri.

  -Tu ne reconnais pas ton propre fils ?"

   Le ton cinglant de Nathaniel, et le choc de la nouvelle firent pâlirent l’homme.

   "Nathaniel ? murmura-t-il.

   -Lui-même. Je peux entrer ?"

   La demande n’en était pas vraiment une et, avant que le père n’exquise un seul geste, Nathaniel entra dans la maison. Elle n’avait pas vraiment changé. Les meubles et la décoration étaient à l’identique. Le jeune magicien suivit le couloir jusqu’à un escalier qu’il monta jusqu’au premier étage. Là, il pénétra dans la première pièce à gauche. C’était un salon richement orné. Il était éclairé à l’aide de bougies. Les restes d’un repas pour deux étaient abandonnés sur la table, ainsi que deux carafes, l’une remplie de vin et l’autre d’eau. Etonnamment, celle d’eau était à peine entamée alors que celle de vin était presque vide. Le père de Nathaniel apparut derrière lui, ahanant.

   "Mais, que veux-tu ? Que viens-tu faire ici ?

   -Tu es avec quelqu’un ? demanda Nathaniel, éludant la question.

   -Je…je…une…mais…enfin…"

   Nathaniel aurait pu avoir pitié de son père tant il paraissait perdu. Mais il n’avait pas de pitié pour les tueurs.

   "Puisque tu ne le fais pas, je vais moi-même m’inviter à m’asseoir."

   Il prit place sur un canapé de cuir noir. Un silence s’étira entre le fils et le père.

   "Je ne comprends pas pourquoi tu es là, finit par lâcher ce dernier.

   -Je viens récupérer mon héritage.

   -Ton héritage ? Mais quelle idée ! Je ne suis pas encore mort, que je sache !"

   Nathaniel ricana méchamment.

   "Non, c’est vrai. Tu n’es pas encore mort. Comment se porte la cour ?

   -Euh, très bien.

   -Tu es devenu important ? Tu as réussi ?"

   Les yeux de l’homme s’illuminèrent. Nathaniel avait touché un point important, l’orgueil et la soif de pouvoir démesurés de son père.

   "Oh oui ! On m’a nommé, à titre honoraire, Chevalier de l’Ordre du Chêne ! Et j’ai été anobli par l'ancien roi. Désormais, les gens me nomment Chevalier ou Sir, et ils s’inclinent devant moi lorsqu’ils me croisent !"

   Autre ricanement de Nathaniel.

   "Et qu’as-tu donc fait pour gagner tout cela ? cracha-t-il. Avec combien de femme as-tu couché ? Combien d’entre-elles ont cru en tes paroles vides de sens ? Combien d’entre-elles as-tu abandonné ? Combien d’entre-elles as-tu tué ?"

   Le Chevalier pâlit et recula d’un pas lorsque Nathaniel se leva et sortit son sceptre de dessous sa cape.

   "Comment ? Pourquoi as-tu ce sceptre ?

   -Pourquoi ? Tu me demandes pourquoi ?"

   Nathaniel éclata d’un rire dément.

   "Parce que je suis un magicien, voilà pourquoi !

   -Mais, comment es-tu…

   -Comment je le suis devenu ? Eh bien, lorsque tu m’as abandonné à mon sort, après avoir tué Mère, je me suis enfui et je me suis perdu dans la forêt. Je suppose que tu pensais que j’étais mort, depuis cinq de disparition. Tu as sans doute cru que j’étais un fantôme, lorsque je me suis présenté devant ta porte, ce soir. Je suis bien vivant. Durant mon voyage, j’ai fait preuve de générosité envers un Esprit. Tu ne connais pas ça, toi, la générosité, hein ? Sache qu’elle m’a récompensé. L’esprit m’a fait le don de magie. Il m’a offert ce sceptre."

   A sa mention, le saphir enchâssé dans le bois se mit à briller. Nathaniel le brandit vers son père qui recula encore de deux pas. Les bougies oscillèrent et leur lueur diminua avant de s’intensifier. C’est ce moment-là que choisit la maîtresse du père pour descendre voir ce que faisais son amant. Elle avait revêtu en hâte une robe et ses cheveux complétement décoiffés lui donnaient l’air d’une folle.

   "Que se passe-t-il Fernand ? demanda-t-elle d’une voix inquiète.

   "Rien, rien Elodie, répondit-il précipitamment. Je suis navré mais j’avais oublié que je recevais la visite d’un cousin éloigné ce soir. Si tu veux, nous remettrons ça une prochaine fois. Est-ce que tu peux partir maintenant ?"

Malgré le ton aimable de Sir Fernand Gleams, Elodie prit la mouche. Tournant les talons, elle remonta à l’étage, pris ses affaires et redescendit en reniflant. Elle jeta d’un air vexé « Bonsoir Fernand » et claqua la porte. Un silence s’ensuivit.

   "Pourquoi es-tu revenu ? redemanda le père.

   -Pour venger Mère, répondit Nathaniel, les yeux plus glacials que jamais."

   Fernand pâlit encore plus.

   "M..M…Mais, elle ne l’aurait pas voulu ! begaya-t-il.

   -Elle aurait voulu vivre, hurla Nathaniel."

   Fernand tressaillit.

   "Si tu me tue, tu auras des ennuis !

   -C’est vrai que toi, tu as eu des ennuis lorsque tu as tué Mère, railla Nathaniel. Tu continues pourtant à te vautrer dans la luxure. Les belles dames de la cour n’ont pas peur de toi ?

   -Moi, j’ai des relations, et j’avais une raison de tuer !

   -Moi aussi, j’en ai une, et elle est surement plus valable que la tienne. Je ne risque donc rien."

   Nathaniel leva son sceptre, menaçant.

   "Non attends ! le supplia son père. Je suis un homme important ! On te recherchera et on t’emprisonnera ! La Reine ne laissera pas mon meutre impuni !

   -Si tu es aussi détestable avec la Reine que tu l’as été avec Mère, je suis sûr qu’elle ne te regrettera pas. Et puis, je camouflerai ton meurtre. Ce que la Reine ignore ne peut lui faire de tort."

   Lorsque Fernand comprit que Nathaniel n’allait pas changer d’avis, il fit volte-face et couru dans le couloir. Son fils brandit son sceptre et l’eau de la carafe de la table décolla et se mit à poursuivre Fernand. L’eau le rattrapa alors qu’il atteignait l’escalier. Elle forma une sphère qui enveloppa la tête du pauvre homme, comme un casque. Un casque dans lequel il ne pouvait plus respirer. Suffoquant, le Chevalier tomba à genoux. Nathaniel avança vers son père sans se presser. Il le regarda d’un air méprisant.

   "J’espère que tu regrettes ton geste, il t’aura coûté la vie."

    Les yeux exorbités, les mains traversant inutilement le casque d’eau pour l’enlever, il finit par s’écrouler sur le ventre. Il eut encore un ou deux spasme et il mourut. Le Chevalier Sir Fernand Gleams venait de s’éteindre, noyé par son fils.

   Afin de camoufler le meurtre, Nathaniel ordonna à l’eau de sortir des poumons du cadavre. L’eau teintée de sang s’éleva devant lui. Il l’envoya d’un geste nonchalant par la fenêtre. Elle tomba dans le jardin, sur un hortensia qui mourrait justement de soif. Rien ne laissait deviner ce qu’il s’était passé. Seule Elodie avait vu Nathaniel, mais elle n’avait aucune preuve pour l’accuser d’avoir assassiné son père. De plus, n’ayant aucun testament, toutes ses possessions et ses titres lui revenait, à lui, Nathaniel Gleams, seul fils et légataire universel de Fernand Gleams. Le crime parfait. Nathaniel s’autorisa un sourire satisfait. Il s’était laissé un peu dépasser par ses émotions, face à son père, mais il retrouvait maintenant toute sa maîtrise. Il sortit de la maison, refermant derrière lui la porte et le portail.

   -Ma chère Mère, tu es vengée, murmura-t-il à la nuit.

   Il venait de tuer son propre père, mais cela ne l’affectait d’aucune façon. Il laissait derrière lui un cadavre qui serait surement découvert au petit matin par les serviteurs de son père. Il serait alors prévenu de sa mort. Il soupira d’aise lorsqu’il pensa à la fortune de la famille et tous les avantages que lui apporteraient les titres de son père. Satisfait du bilan de la soirée, il disparut dans un éclair bleuté.


FICHE PAR SWAN.

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